UN SENEGALAIS A GENEVE pour défendre la cause des Albinos

Publié le par Nathalie ALAZARD

 

C'est ce lundi 25 août 2008 à 12h 25 qu'Aboubakry Sakho a foulé le sol Genevois. Ce jeune Tambacoundois, président de l'ANPRAS (Alliance Nationale pour la Promotion et la Réinsertion des Albinos du Sénégal), est l'invité de l'UICC Union Internationale Contre le Cancer. M. Sakho tentera pendant une semaine de défendre la cause des albinos vivant au Sénégal.


 

Qu'est-ce qui explique votre venue à Genève ? A.S : Je suis à Genève sur invitation de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour une mission qui s'inscrit dans une dynamique de promotion de la santé des albinos. En Afrique sub-saharienne, les albinos sont particulièrement exposés à des risques de cancer du fait de l'absence de mélanine dans leur peau. L'ANPRAS a jugé utile de prendre part à ce congrès international de lutte contre le cancer pour faire un plaidoyer à Genève afin que les autorités compétentes et les organismes internationaux qui seront présents puissent prendre à bras le corps cette question liée à la santé des albinos, notamment en terme de protection sociale.

Quel va être le rôle de l'ANPRAS dans le cadre de cette rencontre ?
Pendant six jours, l'ANPRAS va essayer de faire le tour des questions liées à la santé des albinos au Sénégal, mais aussi proposer des solutions qui peuvent être validées par le comité scientifique international de lutte contre le cancer et être intégrées d'ores et déjà dans tous les programmes sectoriels de lutte contre cette maladie, surtout concernant l'agression solaire envers les albinos.

Comment avez-vous été contacté par l'OMS ?
Nous avons été contactés par le comité scientifique de l'Union Internationale contre le Cancer, qui est tombé par hasard sur les archives des travaux que nous avions eus à effectuer sur le terrain en terme de lutte contre le cancer des albinos au Sénégal. Convaincu de notre démarche et dans le souci de lutter contre le cancer dans tous ses aspects, l'ANPRAS a été retenue. Car en Afrique, nous sommes la seule structure qui a recadré sa dynamique d'intervention sur cette question.

Qu'attendez-vous de ce congrès ?
Cette rencontre va aussi donner lieu à des moments d'échange et de partage d'expériences. Je pense que c'est important et cela permettra à la communauté internationale de comprendre les véritables problèmes des albinos au Sénégal. Je pense aussi qu'à l'issue de cette rencontre, des pistes stratégiques pour la question des albinos pourront être intégrées dans les plans d'actions futurs de l'UICC. Nous espérons aussi renforcer les acquis des albinos du Sénégal. Depuis deux ans, nous organisons des journées de consultations gratuites en dermatologie pour les albinos mais aussi des prises en charge chirurgicale pour les cas de cancer que nous rencontrons pendant ces journées. Il est clair que plus les organismes internationaux seront imprégnés par un fort plaidoyer, plus d'actions seront entreprises pour la cause des albinos. Nous souhaitons que l'exemple sénégalais puisse être un modèle phare qui soit exécuté par les organismes qui travaillent pour la cause des albinos.

Quelles sont vos partenaires ?
Nous travaillons avec des structures de santé locales pour notre programme santé. Il y a deux ans, nous avons noué un partenariat avec une ONG française du nom de « KINKELIBA ». Le protocole d'accord prévoit la dotation en crème solaire de tous les albinos membre de l'ANPRAS. Cette action a un sens non seulement curatif mais aussi préventif. Toujours avec « KINKELIBA » et en collaboration avec le laboratoire français Pierre Favre, nous sommes en train de mettre en place un mécanisme d'approfondissement par des recherches sur l'albinisme. Ces recherches tentent de déceler quels sont les facteurs qui font que l'albinisme est plus courant dans certaines familles que dans d'autres. Ces recherches permettront aussi au laboratoire Pierre Favre d'adapter les produits aux besoins des albinos. A travers ce co-partenariat, l'ANPRAS a décroché le prix francophone de la recherche en dermatologie 2007.

En ce qui concerne le volet éducation, nous travaillons en étroite collaboration avec l'UNICEF, en partenariat avec les inspections d'académique de Tambacounda et de Matam, pour une bonne prise en charge éducative des enfants albinos. Il ne faut pas oublier qu'au Sénégal, le système éducatif ne prend pas en compte les enfants à besoin spécifique, sur le plan de leur environnement social et physique. Je dois souligner que les inspections d'académies avec qui nous travaillons ont bien accueilli notre projet et nous ont beaucoup appuyés, ce qui fait que nous travaillons en synergie pour gagner le pari de l'éducation de ces enfants défavorisés. Le programme est entièrement financé par l'UNICEF.

C'est votre premier voyage en Suisse. Quelles sont vos premières impressions sur Genève ?
Je suis frappé par la propreté de la ville et la discipline des gens. La population me semble intègre et chaleureuse. Je remercie mon frère Ousmane Dia qui m'a accueilli dans la cité Calvin que je découvre depuis mon arrivée.

Source: Tambacounda.info

 

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